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Financement du réseau québécois d’aires protégées - BELLES ANNONCES D’UN MINISTÈRE SOUS-FINANCÉ

02.06.08

Les annonces de financement accru du réseau de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) par la ministre Beauchamp sont accueillies avec enthousiasme par la Société pour la nature et les parcs du Canada- Section Québec (SNAP). Or si les 55 M$ sont essentiels au maintien de notre réseau très populaire de parcs nationaux (d’une superficie d’environ 0,5 % du Québec), ils ramènent à la surface un problème de sous-financement catastrophique du nouveau réseau d’aires protégées québécois (qui couvre près de 5,5 % du Québec) et du ministère qui le gère.

Tout ceux et celles qui fréquentent les parcs nationaux québécois savent que l’achalandage est en constante augmentation et que le réseau peine à suffire à l’ensemble des amants de la nature qui veulent profiter du patrimoine naturel conservé du Québec. Nos parcs nationaux, symbole de notre réseau d’aires protégées, méritent une attention particulière de nos gouvernements, et c’est pourquoi les récentes annonces de financement accru du réseau de la SÉPAQ sont bien accueillies par la SNAP-Québec. « Il est difficile de protéger ce que nous ne connaissons pas. Chaque dollar investi a non seulement des retombées à court et moyen termes pour les régions, mais aussi pour l’avenir de notre patrimoine naturel et donc, de notre société», commente Marie-Ève Marchand, directrice générale de la SNAP-Québec.

Cependant, c’est le financement de notre réseau de nouvelles aires protégées qui inquiète particulièrement la SNAP-Québec. Avec des ressources financières inférieures à 0,5 % du budget gouvernemental , le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) peine à alimenter sa Direction du patrimoine écologique et du développement durable (DPEDD), en charge de la création des nouvelles aires protégées et de la mise en valeur de ce nouveau réseau. « L’environnement a beau être une priorité pour les Québécois, l’enveloppe budgétaire dédiée à ce ministère par le gouvernement Charest ne reflète aucunement les préoccupations de la population », signale Nicolas Mainville, directeur de la conservation à la SNAP-Québec.

Lors de la conférence de l’ONU sur la biodiversité qui vient de se terminer à Bonn en Allemagne, plusieurs pays ont décidé de combattre activement la perte de biodiversité et la protection de nos forêts. À cet effet, Berlin vient d’annoncer une contribution supplémentaire pour la protection des forêts et des autres écosystèmes menacés qui totalisera en 2013 un demi-milliard d'euros. « On est bien loin des actions de rattrapage que nous annonce le gouvernement du Québec, alors que l’ensemble des pays membres de l'organisation des Nations Unies s’entendent pour agir massivement pour la protection de la biodiversité», explique Mme Marchand.

De plus, l’absence flagrante d’un plan financement pour la mise en valeur du nouveau réseau d’aires protégées a de lourdes conséquences, notamment, pour la complétion de plans de conservation nécessaires à l’attribution de statut permanent de protection. « Avec plus de 80 nouvelles aires protégées créées depuis la mise en place de la Stratégie québécoise sur les aires protégées en 2002, seulement une a obtenu son statut d’aire protégée permanente, ce qui témoigne de graves difficultés au sein du gouvernement », signale M. Mainville.

La popularité des aires protégées québécoises et la conférence de l'ONU sur la biodiversité devraient inspirer le gouvernement Charest à débloquer des sommes considérables pour compléter notre réseau d’aires protégées et surtout pour mettre en valeur les nouvelles aires protégées qui sont, pour l’instant, de belles petites taches sur la carte du Québec. « La SNAP-Québec invite la population québécoise à visiter massivement nos parcs ce qui enverra un message clair à notre gouvernement : nous voulons plus d’aires protégées et plus de budget pour les gérer », conclue Mme Marchand.
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Pour information et entrevues :
Sophie Paradis,
Coordonnatrice des communications
SNAP- Québec
Téléphone : (514) 278-7627 poste 221

sparadis@snapqc.org