Aires marines protégées : des projets qui risquent de tomber à l'eau!
06.06.08
Montréal, le 6 juin 2008– L’état de nos écosystèmes marins se dégrade rapidement et il devient urgent d’y protéger les habitats et la biodiversité en créant des aires marines protégées. À la veille de la Journée mondiale des océans et compte tenu des retards considérables pris dans le dossier des aires marines protégées par le gouvernement du Québec, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) est fière de présenter aujourd’hui le résumé de son rapport Mythes et réalités, document qui vise à identifier les causes de ces retards. La SNAP estime qu’il est plus que temps que le gouvernement du Québec passe du mythe à la réalité et qu’il concrétise son engagement de juin 2000 de protéger la biodiversité marine par un réseau d’aires protégées représentatif.
De pionnier, le Québec passe à bon dernier
Avec la création du parc marin du Saguenay─Saint-Laurent, en 1998, le Québec a fait figure de pionnier dans l'établissement d’aires marines protégées au Canada. Il mettait alors en place un mode de cogestion fédérale-provinciale unique qui est devenu un modèle à suivre pour le reste du Canada. « Depuis, le gouvernement québécois a malheureusement mis un frein à la création d’aires marines protégées au Québec et moins de 1,0 % du milieu marin est véritablement protégé aujourd’hui. » souligne Marie-Êve Marchand, directrice générale de la SNAP. « Les dernières annonces de création d’aires protégées, qu’au passage nous saluons, n’ont permis aucune avancée en milieu marin. Cette situation est particulièrement inquiétante et suscite le doute quant à l’établissement d’un réseau d’aires marines protégées d’ici 2012. C’est d’ailleurs ce que recommandent l’Union mondiale pour la nature (UICN) et les accords clés du Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) en 2002.
Qui plus est, deux projets d’aires marines protégées fédérales attendent depuis des années l’aval du gouvernement québécois pour se concrétiser. La Zone de protection marine de Manicouagan, en projet depuis dix ans, a passé avec succès l’étape des consultations publiques et jouit d’un fort appui de la population locale. Il en est de même de la Zone de protection marine de l’Estuaire, un autre projet qui a passé, il y a quatre ans, l’étape des consultations publiques. Ces projets risquent-ils de couler en raison de l’inaction du gouvernement québécois?
Un autre projet aux Îles-de-la Madeleine reçoit une forte adhésion du milieu et a été soutenu dès 2002 par la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP). L’étude de faisabilité et les consultations publiques ont été annoncées par le gouvernement canadien il y a maintenant quatre ans, mais depuis rien n’a pu se concrétiser faute de l’approbation et de l’implication active du gouvernement québécois.
La SNAP s’inquiétant de la situation a été informée, à plusieurs reprises, de la tenue de pourparlers entre les gouvernements du Québec et du Canada en vue de dénouer cette impasse. Ces discussions se déroulent depuis plus d’un an derrière des portes closes et, à ce jour, rien ne transparaît, ce qui nous laisse songeurs !
Pendant que nos représentants gouvernementaux tergiversent sur la question, les menaces qui pèsent sur nos environnements marins ne cessent de s’amplifier. Il faut stopper la perte de la biodiversité et atteindre dans les meilleurs délais les objectifs de conservation que le Québec s’est fixé dans son Plan d’action stratégique sur les aires protégées, à savoir protéger au moins 8% des milieux marins du territoire québécois. Il est urgent de passer à l’action et de jeter les bases d’un véritable réseau québécois d’aires marines protégées, tant dans le l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent que dans les eaux côtières du Nord québécois.
Face au défis que doivent relever les gouvernements du Québec et du Canada, le résumé Mythes et réalités analyse les raisons du retard en matière de protection des milieux marins et propose des pistes afin d’accélérer la mise en place d’un véritable réseau d’aires marines protégées. Il rappelle à toutes les juridictions canadiennes et québécoises concernées leurs responsabilités à l’égard de ce patrimoine collectif qu’est la biodiversité marine, l’urgence d’agir dans ce domaine sans plus tarder ainsi que la nécessité de coordonner leurs approches et d’unir leurs efforts et leurs moyens pour y parvenir de manière efficiente.
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La SNAP est, depuis maintenant 45 ans, la voix canadienne pour la protection de la nature sauvage autant en milieu terrestre que marin. Vous pouvez vous informer de nos actions en visitant notre site web www.snapqc.org
Situé à 2h30 à l’est de Tadoussac, le Parc Nature de Pointe-aux-Outardes est né en 1987. Depuis, les bénévoles ainsi que les populations locale et régionale travaillent à la conservation et la mise en valeur du parc. http://parcnature.com
Pour toute information :
Sophie Paradis
Coordonnatrice aux communications
SNAP
514 278-7627
Danielle Saint-Laurent
Directrice générale
Parc nature de la Pointe-aux-Outardes
418 567-4226
