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Le Québec protège mal le caribou forestier : Nouveau rapport de recherche

30.05.06

Ottawa le 30 mai 2006 – Tandis que le nombre de caribous des bois en forêt boréale (caribou forestier) continue à chuter au Québec, le gouvernement du Québec se dérobe à ses responsabilités de prendre des mesures pouvant assurer la survie du caribou. C’est ce que révèle une étude publiée aujourd’hui par la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) et le Sierra Club du Canada intitulée Un futur incertain : le caribou des bois et la forêt boréale.

Le caribou des bois que l’on retrouve dans la forêt boréale du Québec a été déclaré « menacé » en vertu de la Loi canadienne sur les espèces en péril (LEP) en 2002. Cette espèce emblématique requiert, pour sa survie, des écosystèmes forestiers intacts et elle est une espèce clé confirmant, par sa présence, la santé des écosystèmes forestiers boréaux du Canada.

Le caribou des bois a besoin de vastes territoires pour survivre, en moyenne 9 000 km2 par troupeau. Il ne peut s’adapter aux changements de la forêt provoqués par des activités industrielles comme la foresterie, les activités minières ou de nature énergétique, et même de faibles niveaux de développement industriel dans l’aire de distribution du caribou des bois peuvent menacer sa viabilité. À la suite de l’expansion des activités d’extraction des ressources naturelles, le caribou des bois a déjà perdu, depuis 1850, près des trois quarts de son aire de distribution historique.

Au Québec le caribou de bois de la forêt boréale occupe le secteur compris entre 49°N et 55°N et il est menacé par les activités forestières et la construction de chemins forestiers dans la partie allouée à l’industrie forestière (au sud de 52°N).

« Avec l’expansion constante des activités industrielles dans les dernières forêts boréales intactes, le caribou des bois risque de subir le même sort que la chouette tachetée des forêts humides côtières à moins que le gouvernement du Québec ne prenne immédiatement des mesures vigoureuses. Le Québec est encore loin d’avoir mis en place les mesures adéquates », affirme Jean-François Gagnon, directeur général de la SNAP au Québec. En 2005, le caribou des bois a obtenu le statut de « vulnérable » en vertu de la Loi québécoise sur les espèces menacées ou vulnérables.

« Le rapport de situation propose deux actions essentielles : la mise en place d’un réseau de grandes aires protégées permettant de soustraire à toute activité industrielle de vastes territoires de forêt boréale intacte et des milieux humides ainsi qu’une meilleure gestion des ressources dans les territoires déjà alloués à l’industrie. » selon Gillian McEachern de la SNAP et Rachel Plotkin du Sierra Club, co-auteurs du rapport Un futur incertain : le caribou des bois et la forêt boréale.

Les auteurs ont passé en revue des actions précises qui, si elles étaient mises en place par les divers gouvernements (fédéral, provinciaux et territoriaux), maximiseraient les chances de survie du caribou des bois au Canada. Ils ont évalué les résultats réels obtenus par les divers gouvernements dans quatre champs d’action : la protection légale de l’habitat du caribou, l’adoption de plans d’affectation du territoire donnant la priorité aux besoins d’habitat du caribou avant toute allocation de zones vierges à l’industrie, les politiques et règlements à l’intérieur des forêts aménagées, la publication de plans de rétablissement tel qu’exigé par la Loi sur les espèces en péril et rédigés par les législations provinciales.

D’après les auteurs, « Le portrait qui en ressort est fort désolant. À ce jour, aucun de nos gouvernements ne s’est engagé à protéger les habitats intacts du caribou des bois en forêt boréale et, dans la plupart des provinces, des décisions d’affectation du territoire sont prises avant même que la conservation des écosystèmes ne soit assurée à grande échelle. Parfois, comme c’est le cas en Alberta, les gouvernements ignorent l’avis de leurs propres conseillers et permettent de nouveaux développements industriels qui risquent de reléguer certaines populations de caribou des bois aux livres d’histoire. »

Durant les derniers mois, plus de 180 000 personnes au Québec ont demandé au gouvernement, par l’entremise de la campagne « On dort comme une bûche », de protéger une des plus importantes pouponnières de caribous des bois, la Vallée des Montagnes Blanches au Saguenay–Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord.

« Il n’est pas trop tard pour que les gouvernements freinent la disparition du caribou des bois de la forêt boréale – en fait, il y a encore d’extraordinaires possibilités dans les forêts nordiques non allouées de montrer au monde entier que nous sommes capables d’être à l’avant-garde quant à la conservation de vastes espaces vierges – si nous agissons maintenant. Mais, de toute évidence, les approches actuelles de gestion ne fonctionnent pas. » selon McEachern et Plotkin.

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Source : Ellen Adelberg Directrice des communications Société pour la nature et les parcs du Canada
Tél. : 613 569-7226 poste 234 Cell : 613 292-2875

Le rapport complet ainsi qu’un résumé sont disponibles à www.cpaws.org/snap/index.php

La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) est un organisme de conservation national sans but lucratif axé sur ses membres et voué exclusivement à la conservation du patrimoine naturel du Canada. Forte de 13 sections régionales et de 20 000 membres, la SNAP a joué, depuis 1963, un rôle capital dans la protection de plus de 40 millions d’hectares parmi les sites sauvages les plus splendides du Canada. La SNAP est signataire de la Convention pour la conservation de la forêt boréale avec d’autres organismes de conservation de premier plan, des compagnies basées sur les ressources et des Premières Nations.

Le Sierra Club du Canada est actif depuis 1963. Son siège social a été établi à Ottawa en 1989 et d’importantes campagnes nationales ont été élaborées à l’intérieur de ses quatre principaux programmes : santé et environnement, protection de la biodiversité, atmosphère et énergie, transition vers une économie viable.