LE MINISTRE BÉCHARD EST INVITÉ À CLARIFIER LA SITUATION À ANTICOSTI EN PUBLIANT LE REGISTRE SUR LES AIRES PROTÉGÉES
04.05.06
Montréal (Québec), le 4 mai 2006 – Moins d’un mois après le dépôt de la pétition « On dort comme une bûche! » qui a recueilli à ce jour un nombre record de près de 180 000 signatures pour la protection de la forêt boréale, les groupes partenaires de l’initiative Aux arbres citoyens !, soit le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), Nature Québec / UQCN et le WWF-Canada, accueillent favorablement les intentions du ministre Béchard de publier d’ici à l’été le registre officiel pour clarifier une fois pour toute la situation en ce qui à trait aux aires protégées au Québec. Ils rappellent cependant que ce registre devrait comptabiliser uniquement les aires protégées qui répondent aux normes internationales de conservation.
La publication du registre sur les aires protégées est une exigence en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel adoptée en 2002 et Monsieur Mulcair, le précédent ministre de l’Environnement, du Développement durable et des Parcs, s’était engagé à rendre ces données publiques, notamment par leur mise en ligne sur le site Internet du ministère.
Pour les partenaires de l’initiative Aux arbres citoyens ! le statut accordé aux territoires litigieux, en particulier à l’île d’Anticosti et aux aires de mise bas du caribou dans le grand Nord, est à revoir. « Le gouvernement présente une fausse image de la situation des aires protégées au Québec en y incluant de vastes territoires qui ne répondent pas aux critères internationaux » affirme Mélanie Desrochers de Nature-Québec. « Heureusement, les chiffres gouvernementaux semblent de moins en moins utilisés sur la place publique » poursuit-elle.
En entrevue ce matin, le ministre Béchard laissait entendre que seulement une petite partie de l’île d’Anticosti est ouverte aux activités industrielles, ce que les groupes de conservation réfutent. Outre le Parc national et les deux réserves écologiques, les activités industrielles sont répandues sur le territoire. « L’aménagement forestier et l’exploration pétrolière et gazière sont permis sur plus de 92 % de l’île d’Anticosti,» déclare Jean-François Gagnon de la SNAP.
Pour le RQGE, la SNAP, Nature-Québec et le WWF-Canada, la publication du registre est l’occasion de se questionner sur les sites litigieux et de trancher la question. Si les mesures de protection de certains territoires litigieux sont renforcées afin de respecter les directives internationales de l’UICN, ces sites pourraient éventuellement être comptabilisés dans le réseau d’aires protégées. Bien plus qu’une simple question de chiffres, le registre sur les aires protégées est un enjeu de crédibilité pour le Québec. Pour Henri Jacob du RQGE, « Il ne fait pas de doute que le Québec doit donner l’exemple en matière de conservation de son patrimoine naturel en parachevant son réseau d’aires protégées sur des bases solides reconnues mondialement ».
« Il est grand temps de rendre le registre public afin de passer à l’étape la plus importante, soit créer de nouvelles aires protégées », ajoute Sébastien Cloutier du WWF-Canada. Il poursuit en indiquant qu’il est encore possible de conserver de vastes territoires encore intacts, comme par exemple les sites Pascagama et Vallée des Montagnes Blanches, en forêt boréale. « Mais s’il n’agit pas rapidement, le Québec manquera une belle occasion de protéger ses milieux naturels pour les générations à venir » conclut-il.
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Pour information et entrevues : Stéphanie Jagou, responsable des communications Téléphone : (514) 866-7800, poste 25 - Cellulaire : (514) 208-3911 - sjagou@wwfcanada.org
Des entrevues peuvent être organisées avec :
Henri Jacob, responsable du dossier Forêt, RQGE
Jean-François Gagnon, directeur général, SNAP
Mélanie Desrochers, chargé de projet, Nature Québec / UQCN
Sébastien Cloutier, responsable – Campagne Forêt boréale, WWF-Canada
