Forages pétroliers sur le site du patrimoine mondial de Miguasha: une vraie protection exigée pour les fossiles exceptionnels
29.10.04
Montréal, 29 octobre 2004 – La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) demande au ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, M. Sam Hamad, de mettre fin définitivement au forage pétrolier dans la zone de protection périphérique du parc de Miguasha et de réaliser l’expansion du parc telle que promise depuis 20 ans.
Le parc de Miguasha en Gaspésie est le seul au Québec reconnu par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) comme site du patrimoine mondial. Il a été créé en 1985 afin de protéger les fossiles remarquables de la formation géologique d’Escuminac. Puisque les limites originales du parc excluaient une partie de cette formation rocheuse, le gouvernement a décrété en 1990 une zone de protection sur la quasi-totalité de la formation à l’extérieur du parc en attendant d’y étendre les limites.
Depuis le mois d’août dernier, Hydro-Québec procédait allégrement à des travaux de forage dans la zone de protection en bordure du parc. Ce n’est que dernièrement que le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs a réalisé cette « erreur administrative » et contraint la société d’état à arrêter ses travaux. Toutefois, lors de l’annonce qui s’en suivit, le ministre Sam Hamad a fait allusion que les travaux de forage pourraient reprendre rapidement. Selon le ministre, « ils vont régler les papiers (…) Après ça, évidemment ils auront l'autorisation de commencer. »
Rappelons que l’UNESCO décrit la formation géologique au coeur du parc de Miguasha comme «exceptionnelle, tant pour la représentativité des événements évolutifs que pour la qualité de conservation et l’abondance des fossiles». Les affirmations des représentants du gouvernement du Québec à l’effet que « la totalité du parc et une zone périphérique privée de 775 ha sont protégées contre la prospection minière et les activités d’excavation » et qu’« il est prévu que le parc sera agrandi » ont convaincu, en 1999, l’organisme mondial de déclarer le site comme patrimoine mondial.
Les travaux récents ont infligé des dommages localisés mais irréversibles au site fossilifère. La SNAP souhaite que l’interdiction de prospection minière et gazière en bordure du parc soit maintenue conformément aux engagements pris devant l’UNESCO. « Si le Québec entend protéger ce lieu exceptionnel et respecter ses engagements envers la communauté internationale, il faut mettre fin définitivement aux forages et achever l’expansion du parc », selon John O’Driscoll de la SNAP.
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Sources :
John O’Driscoll, Président SNAP-Montréal (514) 278-7627
