Coupe forestière sur l'île d'Anticosti
30.09.03
Des groupes de conservation réitèrent que l'île soit retirée de la liste
Montréal, le 30 septembre 2003 - Suite à l'annonce du ministre délégué à la Forêt, à la Faune et aux Parcs, M. Pierre Corbeil, de la stratégie d'aménagement pour la sauvegarde du cerf de Virginie à l'île d'Anticosti, des groupes de conservation demande à nouveau le retrait de l'île d'Anticosti de la liste des aires protégées.
Le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada), le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) et l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) veulent qu'uniquement les réserves écologiques de la pointe Health et du Grand-Lac-Salé, ainsi que le parc national Anticosti soient comptabilisés dans le registre des aires protégées. Le restant de l'île ne devrait pas s'y retrouver puisque les activités industrielles comme la coupe forestière, l'exploitation pétrolière et gazière y sont permises. En effet, toute activité industrielle d'exploitation des ressources est interdite dans une aire protégée.
Or, Québec a décidé d'autoriser progressivement, sur 80 ans, la coupe forestière sur les deux-tiers de l'île d'Anticosti dans le cadre d'une stratégie d'aménagement destinée à sauver les chevreuils qui se trouvent sur l'île. Pour les groupes de conservation, cette stratégie n'est pas compatible avec l'objectif prioritaire de conservation de la biodiversité d'une aire protégée.
Rappelons que depuis l'an 2000, le gouvernement du Québec, dans le cadre de la Stratégie québécoise sur les aires protégées (SQAP), s'est engagé à mettre à l'abri des activités industrielles 8 % de la superficie du Québec d'ici à 2005. Lors de la dernière campagne électorale, le Parti libéral du Québec s'était engagé fermement à tenir cet
engagement. Malheureusement, depuis la passation des pouvoirs, les résultats se font toujours attendre.
Les groupes de conservation croient que les aires protégées qui permettent l'exploitation commerciale des ressources naturelles devraient voir leur statut de protection retiré dès aujourd'hui. Ainsi, il apparaît évident que les aires de confinement du cerf de Virginie, notamment à l'île d'Anticosti (7 374 km2), tout comme les aires de mise bas du caribou au nord du 52e parallèle (26 410 km2) sont injustement comptabilisées dans la superficie protégée au Québec. L'inclusion de ces aires engendre une distorsion importante en faisant bondir de 2,9 % la superficie protégée du Québec à 5,3 % .
Les quatre groupes demandent donc au gouvernement du Québec de revoir sa liste des aires protégées afin d'épurer les sites qui ne doivent pas y figurer. Malgré le recul apparent pour l'atteinte de l'objectif de 8 % du territoire protégé d'ici à 2005, la révision de la liste apparaît comme essentielle pour la crédibilité même du Québec en matière d'aires protégées.
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SOURCES
WWF : Gaétane Boisseau (514) 866-7800
RQGE : Henri Jacob (819) 738-5261
SNAP : Jean-François Gagnon (514) 278-7627
UQCN : Harvey Mead (418) 648-2104
Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada) Le WWF-Canada, par son travail de conservation, vise la protection de la diversité biologique, l'utilisation durable des ressources naturelles et la réduction de la pollution. Au Québec, le WWF travaille à promouvoir une stratégie globale d'aménagement du territoire qui tient compte des multiples utilisateurs, conciliant les dimensions sociale, environnementale et économique associées, entre autres, à une stratégie sur les aires protégées.
Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) Le RQGE est un organisme ayant pour mission la protection de l'environnement par la divulgation d'information et la mise en relation des groupes environnementaux du Québec. Le RQGE soutient les groupes de défense de l'environnement dans leurs luttes et travaille pour une meilleure reconnaissance du mouvement environnemental dans la province. Le RQGE collabore avec des communautés autochtones dans les dossiers de la forêt boréale et des aires protégées.
Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) La SNAP est un organisme environnemental canadien qui s'active depuis 1963 à la protection du patrimoine naturel par la création de parcs et d'aires protégées. Au Québec, la SNAP se penche, entre autre, sur la participation de la population au processus d'identification et de création de
territoires à protéger.
Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) L'UQCN oeuvre depuis plus de vingt ans à promouvoir la protection du patrimoine naturel québécois et une utilisation des ressources et du territoire qui respecte les principes du développement durable. Elle est connue entre autres pour son implication dans les dossiers forestier et
agricole ainsi que pour ses efforts visant la création d'un réseau d'aires protégées au Québec.
