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Un permis de recherche de pétrole et de gaz au sein de l’île René-Levasseur

23.06.03

Le 23 juin 2003 – Dans le cadre de la deuxième partie des audiences publiques du BAPE sur les aires protégées projetées des monts Groulx et de l’île René-Levasseur, qui s’est déroulée les 9 et 10 juin derniers, le Conseil régional de l’environnement de la Côte-Nord (CRECN) et la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) ont dévoilé l’existence d’un permis d’exploration gazière et pétrolière sur l’île René- Levasseur. Le permis couvre un territoire de près de 81 km2 et borde la limite sud de la réserve écologique Louis-Babel.

C’est lors de la présentation de leur mémoire respectif que les deux organismes ont fait connaître l’existence de ce permis d’exploration au sein de l’île René-Levasseur, situation que même le représentant du ministère des Ressources naturelles, de la faune et des parcs, présent à l’audience publique, ignorait. Le ministère de l’Environnement, premier responsable de la gestion de la réserve écologique, n’était pas plus au courant jusqu’à ce que la SNAP ait porté ce fait à son attention en mai 2003. Le permis de recherche de pétrole et de gaz naturel, valide pour une période de dix ans, a été délivré en février dernier par le ministère des Ressources naturelles, de la faune et des parcs à la compagnie Ressources Manicouagan inc.

Le CRECN et la SNAP dénoncent le fait que le ministère des Ressources naturelles, de la faune et des parcs ait accordé ce permis d’exploration à l’heure où le Québec est en pleine élaboration de son réseau d’aires protégées. Le permis de recherche de pétrole et de gaz est localisé à l’intérieur de l’île René-Levasseur, un endroit présentant un fort potentiel de conservation et visé par la Stratégie québécoise sur les aires protégées. Plus spécifiquement, l’octroi de ce permis implique que les limites de la réserve écologique Louis-Babel pourront difficilement être étendues vers le sud. Cette contrainte supplémentaire nuit à l’ajustement des limites de la réserve écologique en fonction de critères écosystémiques, une revendication soutenue par de nombreux intervenants lors de l’audience publique du BAPE.

Plusieurs raisons militent en faveur d’une protection accrue de l’île René-Levasseur :

�� On y retrouve des peuplements forestiers anciens, certains atteignant plus de 300 ans;
�� Les aires protégées de grandes superficies s’avèrent être les plus aptes à préserver l’ensemble de la
biodiversité ainsi que les processus écologiques;
�� Une grande partie de l’île René-Levasseur est visible du massif des monts Groulx offrant des paysages
sauvages d’une grande beauté et présentant un fort potentiel écotouristique auprès des clientèles
internationales;
�� Le manque de connaissances concernant les espèces faunique et floristique, la dynamique des
écosystèmes et le régime des perturbations naturelles au sein de l’île.

La protection de la biodiversité et des paysages implique de faire des choix et de renoncer au développement industriel sur des territoires détenant un bon potentiel de conservation. Bien que Kruger Scierie Manic inc. a fait des concessions notables au sein de l’île René-Levasseur, trop souvent le gouvernement alloue la ressource aux industries avant même que soit amorcée une planification intégrée de l’utilisation du territoire. Le CRECN et la SNAP tiennent à réitérer leur position en affirmant que la conservation doit être une priorité et qu’aucune nouvelle allocation de ressources ne devrait être consentie avant la mise en place d’un réseau d’aires protégées représentatif de la biodiversité.

Rappelons qu’en juin 2000, le gouvernement du Québec s’est engagé à mettre en place un réseau d’aires protégées représentatif de la diversité biologique totalisant 8% du territoire québécois d’ici à 2005. Cet engagement, qui est au coeur de la Stratégie québécoise sur les aires protégées, implique que 8% de la superficie du Québec sera soustrait de toute forme d’exploitation commerciale des ressources. Actuellement, le Québec connaît un important déficit en terme d’aires protégées avec moins de 3% de sa superficie réservée à la conservation des espaces naturels, ce qui s’avère nettement inférieur à la moyenne mondiale qui se situe approximativement à 10 %.

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Source :
Société pour la nature et les parcs du Canada
(514) 278-7627
Conseil régional de