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La SNAP-Montréal félicite le gouvernement pour la protection intérimaire de la rivière Moisie

13.02.03

Montréal, le 13 février 2003 - La SNAP-Montréal applaudit chaudement le ministre de l'Environnement André Boisclair ainsi que le gouvernement du Québec pour leur annonce du 8 février dernier concernant la protection intérimaire de près de 4000 km2 du bassin hydrographique de la rivière Moisie.

La rivière Moisie, le plus puissant des affluents non endigués du Saint-Laurent, prend naissance dans le plateau du Labrador près de la frontière provinciale et s'étend sur 400 km au sud jusqu'à son embouchure près de Sept-Iles. Dans son long parcours, elle se fraie un passage à travers un spectaculaire paysage montagneux et des canyons qui lui ont valu d'être surnommée la « Nahanni de l'Est » par les amateurs de canot. La rivière Moisie est aussi une des rivières d'Amérique du Nord les plus fécondes en saumon de l'Atlantique.

Le bassin hydrographique de la rivière Moisie est encore vierge dans sa presque totalité. Cependant, les menaces étaient nombreuses. En effet, la compagnie de papier Uniforet qui éprouve des difficultés financières, détient des droits de coupe dans ce bassin versant. De plus, deux affluents majeurs, les rivières Carheil et aux Pékans, sont convoitées par Hydro-Québec afin d'être dérivées vers les turbines de la nouvelle centrale Sainte-Marguerite. En juillet dernier, la rivière Moisie avait été mise à l'écart de la liste des sites retenus dans le cadre de la Stratégie québécoise sur les aires protégées (voir Wilderness Activist automne 2002).

L'annonce du 8 février représente un spectaculaire volte-face de la part du gouvernement québécois. La réserve aquatique projetée est un corridor de six à 30 km de large et s'étend sur 320 km du Labrador presque jusqu'au Saint-Laurent. Cette zone, représentant approximativement 20% du bassin hydrographique de la rivière Moisie, comprend notamment au nord les rivières Carheil et aux Pékans, et au sud une dense forêt boréale. Le gouvernement s'est explicitement engagé à faire de la conservation la priorité dans ce remarquable espace naturel. Désormais, toutes les activités industrielles sont interdites dans la réserve mais les droits relatifs à la chasse, la pêche et la villégiature existants sont maintenus.

Cette décision se veut en grande partie le fruit du travail fait par l'Association pour la protection de la rivière Moisie (APRM), un groupe local de pêcheurs se battant pour cette cause depuis vingt-cinq ans et avec qui la SNAP-Montréal a collaboré. D'autres partenaires, tels l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) et la Fédération du saumon de l'Atlantique (FSA et FQSA), ainsi que la communauté innue Uashat Mak Maniuténam ont joué un rôle important dans cette décision. Finalement, il est important de faire honneur ici aux efforts soutenus de M. Boisclair auprès du gouvernement dans cette affaire.

Aussi contente que la SNAP puisse l'être de cette nouvelle, les limites finales de la réserve aquatique de la rivière Moisie ne seront cependant déterminées qu'après la tenue d'audiences publiques qui auront lieu dans les prochains mois. La SNAP s'engage à supporter l'APRM et les autres groupes dans leurs revendications pour accroître les limites de la réserve afin d'assurer une protection accrue sur le bassin versant.

Rappelons qu'au Québec, la SNAP travaille en étroite collaboration avec l'UQCN, WWF-Canada et le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) pour faire en sorte que le Québec respecte et dépasse son engagement à protéger, d'ici 2005, 8 % de son territoire, et que les zones protégées soient représentatives de la biodiversité de la province.

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Jean-François Gagnon, CPAWS/SNAP Montreal
Tél. (514) 278-SNAP (7627) snapqc@cpaws.org