Le Québec accuse un sérieux retard en matière d'aires
19.02.02
Québec, le 19 mai 2002 – Le Fonds mondial pour la nature-Canada (WWF), le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) et l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) lancent une fiche d'information qui dénonce le retard qu'accuse le Québec en matière d'aires protégées, particulièrement en forêt boréale. Les quatre groupes proposent une série d'actions prioritaires pour que le Québec puisse rattraper son retard et ainsi assurer la protection de son patrimoine
naturel, le développement durable de ses ressources et sa vitalité économique à long terme.
En Amérique du Nord, le Québec se classe actuellement dans les derniers rangs pour ce qui est de la superficie de son territoire protégé. En effet, moins de 1 % du territoire québécois possède un statut de protection qui exclut toute
exploitation forestière, minière et énergétique. Alors que la forêt boréale est en grande partie allouée à l'industrie forestière, elle demeure presque complètement dépourvue d'aires protégées.
Pourtant, la présence d'aires protégées est déterminante, tant pour la sauvegarde des milieux naturels que pour la vitalité économique des régions, particulièrement en ce qui a trait au tourisme. En effet, le milieu forestier est un
écosystème dynamique qui constitue à la fois un habitat pour la faune, un milieu de vie pour de nombreuses communautés, un réservoir de richesses naturelles essentielles à l'économie ainsi qu'un lieu de pratique d'une multitude d'activités récréatives et de plein air. Rappelons que le gouvernement du Québec s'est engagé à protéger, d'ici à 2005, huit pour cent du territoire québécois en créant un réseau d'aires protégées représentatif de la diversité des régions naturelles, et ce par l'entremise de la Stratégie québécoise sur les aires protégées (SQAP).
La démarche a connu plusieurs dérapages depuis son lancement et le dépôt de la SQAP, qui était prévu pour le mois de juin 2001, se fait toujours attendre.
Tel que souligné dans la fiche d'information, les quatre organismes affirment qu'il est urgent de passer à l'action pour que le Québec puisse rattraper son retard en matière d'aires protégées et assurer sa vitalité économique. Il faut donc : Parvenir, sans plus tarder, au dépôt de la Stratégie québécoise sur les aires protégées et exiger que celle-ci s'appuie sur des objectifs cohérents et des résultats sur le terrain, y compris dans la portion dite commerciale de la forêt boréale. La Stratégie devra aussi miser sur une représentation de la diversité des régions naturelles québécoises.
Identifier un certain nombre de grandes aires à protéger en forêt boréale et les soustraire à l'exploitation forestière comme énergétique ainsi qu'à l'exploration et l'exploitation minières.
Acquérir l'assurance qu'aucune nouvelle attribution de ressources ne sera consentie en forêt commerciale jusqu'à ce que des territoires représentatifs de la diversité biologique aient été identifiés et qu'ils aient obtenu une protection
provisoire. Le principe de la " conservation avant tout " devrait constituer une exigence réglementaire et juridique pour tout nouveau projet de développement industriel d'envergure.
Mettre en place des mécanismes pour éviter que des territoires faisant l'objet d'une protection provisoire et ceux pouvant faire l'objet d'une éventuelle protection ne soient affectés à d'autres fins avant et pendant la mise en oeuvre de la stratégie.
Mettre en place des mécanismes qui permettent d'intégrer les dimensions sociales, environnementales et économiques afin de garantir le parachèvement d'un réseau d'aires protégées au Québec; Obtenir la confirmation que la future stratégie sur les aires protégées inclura une participation de la population et que le processus de consultation sera rendu public.
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Sources :
Nathalie Zinger, directrice, WWF (514) 866-7800
Henri Jacob, président, RQGE (819) 738-5261
Brigitte Voss, directrice, SNAP (514) 728-5885
Harvey Mead, président, UQCN (418) 648-2104
Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP)
La SNAP est un organisme environnemental présent partout au Canada qui a pour mission la protection du patrimoine naturel par la création d'aires protégées. La SNAP se penche, entre autre, sur la participation de la population au processus d'identification et de création de territoires à protéger.
Fonds mondial pour la nature (WWF)
Le WWF-Canada, par son travail de conservation, vise la protection de la diversité biologique, l'utilisation durable des ressources naturelles et la réduction de la pollution. Au Québec, le WWF travaille à promouvoir une stratégie globale de gestion du territoire qui tient compte des multiples utilisateurs, conciliant les dimensions sociale, environnementale et économique associées à une stratégie sur les aires protégées.
Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)
Le RQGE est un organisme ayant pour mission la protection de l'environnement par la divulgation d'information et la mise en relation des groupes environnementaux du Québec. Le RQGE soutient les groupes de défense de l'environnement dans leurs luttes et travaille pour une meilleure reconnaissance du mouvement environnemental dans la province. Le RQGE collabore avec des communautés autochtones dans les dossiers de la forêt boréale et des aires protégées.
Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN)
L'UQCN oeuvre depuis plus de vingt ans à promouvoir la protection du patrimoine naturel québécois et une utilisation des ressources et du territoire qui respecte les principes du développement durable. Elle est connue entre autres pour son implication dans les dossiers forestier et agricole ainsi que pour ses efforts visant la création d'un réseau d'aires protégées au Québec.
Note : pour obtenir un exemplaire de la fiche d'information Les aires protégées en forêt boréale au Québec, veuillez communiquer avec l'un ou l'autre des organismes ci-haut mentionnés.
