Centrales hydroélectriques privées : Marie-Claire Séguin adopte la rivière Manitou
21.02.02
Montréal, le 21 février 2002 – Aventure Écotourisme Québec, la Coalition Eau Secours !, la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK), la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) et l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) annoncent aujourd'hui l'adoption de la rivière Manitou par Mme Marie-Claire Séguin. L'auteure, compositeure et interprète veut ainsi se porter à la défense des rivières du Québec et plus particulièrement de la rivière Manitou, menacée par la construction de trois centrales hydroélectriques privées de 17 MW (Grosse chute), de 12 MW (chute à Aubin) et de 3 MW (chute à Wallace).
Or, depuis plusieurs années, le site de la rivière Manitou est ciblé par Parcs Canada afin qu'il devienne un parc national de conservation. Ce cas met en évidence l'incohérence du gouvernement du Québec à l'égard du développement territorial et plus particulièrement quant à sa politique d'aires protégées.
Sur l'ensemble du Québec, du 2,84 % " d'aires protégées " existantes, seulement 0,5 % du territoire est légalement protégé contre toute exploitation industrielle, c'est-à-dire de l'exploitation forestière, minière et énergétique (comparativement à la moyenne mondiale qui est d'environ 10 %). Or, depuis juin 2001, le gouvernement du Québec est censé rendre publique sa Stratégie québécoise sur les aires protégées (SQAP), stratégie qui doit augmenter le pourcentage d'aires protégées de la province jusqu'à 8 %. Les délais se multiplient et voici maintenant que le train des développeurs prend une longueur d'avance sur la protection des ressources. Le programme de petites centrales hydroélectriques qui menace parmi les plus belles chutes à proximité des circuits touristiques, risque fort de dilapider de nombreuses rivières qui seraient assurément préservées si la SQAP était mise de l'avant.
Un inventaire et une carte préparée en 1999 par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) indique en effet que la majorité des 14 sites de la Côte-Nord se trouvent dans un milieu présentant un intérêt pour la conservation.
Or, aucun de ces sites n'est actuellement protégé, au contraire. " Après avoir rendu disponibles ces sites aux promoteurs privés, il sera trop tard. Il semble que le gouvernement sabotera toute la nature sauvage disponible avant que la Stratégie québécoise sur les aires protégées soit appliquée" dénonce Brigitte Voss, directrice de la section Montréal à la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), un organisme pan-canadien de conservation. " Tous les sites d'intérêt pour devenir des aires protégées doivent être soustraits de toute exploitation industrielle par une protection intérimaire. En l'occurrence, les rivières qui se retrouvent dans un de ces sites doivent alors être protégées contre toute exploitation hydroélectrique".
Mme Marie-Claire Séguin se joint donc pour sa part immédiatement aux citoyens de toutes les régions du Québec, qui ont visité ce merveilleux endroit de la Côte-Nord et qui clament haut et fort au gouvernement du Québec : " Ne détruisez pas ce site, faites-en un parc, faites-le visiter avec fierté, faites-en un outil de développement durable pour nous tous, nos enfants, et les enfants de nos enfants. " " Ne tuons pas la beauté du monde, chantait Diane Dufresne, et j'ai chanté comme tant d'artistes la beauté du Québec. Je mets donc les ministres de l'Environnement, de la Culture et des Ressources naturelles au défi d'avoir le courage de visiter chaque chute, chaque rivière, avant d'autoriser la destruction des paysages, des écosystèmes qui sont en fait le pays réel, le seul qu'on veut défendre", lance Mme Séguin.
L'opération " Adoptez une rivière "
Rappelons que le 24 mai 2001, le gouvernement du Québec a annoncé qu'il céderait au secteur privé une première série de 36 sites sur 24 rivières du Québec, pour la construction et l'exploitation de centrales hydroélectriques de moins de 50 mégawatts. L'Opération vise à inciter les Québécois et Québécoises à protéger leur patrimoine collectif que sont les chutes et les rivières du Québec. Les fonds recueillis permettent de faire " barrage aux barrages " : apporter un soutien aux groupes de citoyens, maintenir un réseau de communication, organiser des activités de sensibilisation, etc. Pour adopter une rivière ou obtenir plus d'information, visitez : http://www.eausecours.org
ou composez le (514) 281-1018.
– 30 –
Renseignements :
Brigitte Voss, directrice-section Montréal
Société pour la nature et les parcs du Canada
Téléphone: (514) 728-5885
Courriel: bvoss@cpaws.org
