Aires protégées
La SNAP travaille depuis 2002 à créer un vrai réseau d’aires protégées au Québec. En protégeant de grands territoires où la nature sauvage et les amateurs de plein air peuvent vivre en harmonie sans se soucier des activités industrielles, il est ainsi possible de conserver la biodiversité et les processus écologiques à perpétuité, en plus de diversifier l’économie des régions et permettre l’émancipation culturelle et sociale. La SNAP rêve d’un pays où la nature peut vivre librement, sans perturbation humaine, sur au moins la moitié de son territoire.
Voici quelques questions et réponses qui vous permettront de mieux connaître ce qu'est une aire protégée et la raison d'être de ces dernières.
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Qu’est-ce qu’une aire protégée?
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Quel est le pourcentage d’aires protégées au Québec?
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Quel est l’objectif de protection fixé par le gouvernement?
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Quel est le pourcentage d’aires protégées des autres provinces canadiennes?
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Pourquoi créer des aires protégées?
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Y a-t-il des avantages socioéconomiques et culturels à créer des aires protégées?
Qu’est-ce qu’une aire protégée?
Une aire protégée est un territoire, terrestre ou marin, qui est géographiquement délimité avec un statut légal et qui est voué à la protection de la biodiversité et de la diversité culturelle associée. Il existe plusieurs statuts d’aires protégées (28 types d’aires protégées au Québec seulement), certains garantissant un niveau de protection plus strict (réserve écologique, parc national, etc.) et d’autres plus flexible (réserve de biodiversité, réserve aquatique, refuge d’oiseaux migrateurs, etc.). Tous doivent respecter les critères internationaux fixés par l’Union mondiale pour la nature (UICN). Quel que soit le statut, aucune exploitation commerciale des ressources n’est permise dans une aire protégée. On exclut donc toutes activités industrielles de type exploitation forestière, minière/gazière/pétrolière ou hydroélectrique. Pour consulter le registre officiel sur les aires protégées du Québec, cliquez ici.
Au Québec, le type d’aire protégée le plus connu est celui de parc national (Mont-Tremblant, Gaspésie, Mont-Orford, Grands-Jardins, etc.) et de parc national du Canada (Mauricie, Forillon, Mingan). Le réseau des parcs nationaux québécois et fédéraux ne compte que pour 0,5 % du territoire québécois. Les réserves fauniques (La Vérendrye, des Laurentides, Mastigouche, etc.) ne sont pas des aires protégées car elles permettent la coupe forestière industrielle et l’exploitation minière et hydroélectrique. Les Zones d’exploitation contrôlée (ZEC), les pourvoiries et les clubs privés ne sont pas des aires protégées car elles n’ont aucun statut légal et les activités industrielles peuvent être effectuées sur ces territoires.
Les types d’aires protégées les plus répandus sont ceux de réserve de biodiversité et de réserve aquatique (1,7 % du territoire québécois), deux nouveaux statuts créés en 2002 dans le cadre de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel (LCPN). Ces statuts plus flexibles sont conçus pour recevoir une plus grande acceptabilité de la part des communautés locales et sont applicables à de grands territoires.
Quel est le pourcentage d’aires protégées au Québec?
En date de mai 2006, seulement 4,91 % du Québec est protégé contre toute activité d’exploitation industrielle des ressources (voir carte). Ce pourcentage inclut les aires protégées pour lesquelles toute activité liée à l'exploitation industrielle des ressources est formellement interdite par une loi ou un autre mécanisme légal. Afin de s’assurer que l’ensemble de la biodiversité du Québec soit représenté dans un réseau d’aires protégées, le gouvernement divise le territoire en provinces naturelles. Cette division en 13 provinces naturelles vise à sectoriser les différents grands écosystèmes du Québec, comme on peut le voir sur la carte. Ainsi, on peut calculer le pourcentage d’aires protégées pour chaque province naturelle, tel que présenté dans le tableau suivant.
Quel est l’objectif de protection fixé par le gouvernement?
Suite au Sommet de la Terre de Rio en 1992, Jean Charest, alors ministre fédéral de l’Environnementl, fixait comme objectif la protection de 12 % du territoire de chaque province canadienne au sein d’un réseau d’aires protégées. En 2000, moins de 1 % de la superficie du Québec était protégée. Afin de combler cet important retard, le Québec s’est engagé, avec la Stratégie québécoise sur les aires protégées (SQAP), à protéger en 2005 un total de 8 % de son territoire. La SQAP stipule que les aires protégées doivent être représentatives de la biodiversité de l’ensemble de la province. Cet objectif a été repoussé à la fin 2008 par le gouvernement Charest. Un constat bien accablant pour un gouvernement qui se vante de faire du développement durable une de ses priorités.
Quel est le pourcentage d’aires protégées des autres provinces canadiennes?
Pourcentages d’aires protégées pour chaque province et territoire en ordre décroissant :
Provinces ou territoires |
Pourcentage d’aires protégées |
Nunavut |
13,6 % |
Colombie-Britannique |
12,5 % |
Alberta |
12,4 % |
Yukon |
11,1 % |
Territoires du Nord-Ouest |
10,8 % |
Ontario |
8,7 % |
Moyenne canadienne |
8,6 % |
Manitoba |
8,4 % |
Nouvelle-Écosse |
8,4 % |
Saskatchewan |
8,0 % |
Nouveau-Brunswick |
3,5 % |
Île du Prince-Édouard |
3,4 % |
Québec |
4,9 % |
Terre-Neuve – Labrador |
2,2 % |
Source : WWF-Canada
Si vous voulez comparer la moyenne canadienne à celle des autres pays du monde, allez consulter le site de la Banque de données mondiale sur les aires protégées de l’ONU (World database on protected areas : http://sea.unep-wcmc.org/wdbpa/ ). Allez dans la section « statistic » et cliquez sur « Protected Areas Growth Analysis Tool ». Vous pouvez ensuite choisir les pays ou régions que vous voulez consulter.
Pourquoi créer des aires protégées?
- Pour conserver la diversité biologique (écosystèmes, espèces, processus écologiques) et les paysages grandioses du Québec
- Pour préserver des zones témoins, à l’abri des interventions humaines majeures
- Pour maintenir les cycles globaux de l’eau, du carbone, de l’azote et autres cycles
- Pour conserver des lieux sauvages, au bénéfice des générations actuelle et future
- Pour le maintien des valeurs culturelles des communautés autochtones
- Pour la recherche scientifique, la récréation et la spiritualité
- Pour les bénéfices socioéconomiques
- Parce qu’on a tous besoin de la nature!
Y a-t-il des avantages socioéconomiques et culturels à créer des aires protégées?
- Diversifier l’économie en développant l’écotourisme et le loisir régional
- Répondre aux exigences des marchés et de la certification environnementale
- Émancipation en nature, santé et bien-être
- Maintien du mode de vie et des valeurs culturelles autochtones
