Certification forestière
De plus en plus de gens soucieux de la pérennité des écosystèmes forestiers exigent que les forêts soient gérées de manière responsable, c’est-à-dire avec un égard pour la nature et les communautés qui en dépendent. La certification forestière est un processus de vérification qui permet d’assurer aux consommateurs que les produits forestiers qu’ils achètent proviennent d’une forêt gérée selon des critères bien définis de développement durable.
La SNAP travaille de pair avec les communautés autochtones, les compagnies forestières, le gouvernement québécois et d'autres groupes de conservation pour promouvoir la certification forestière. Nous y voyons non seulement un outil essentiel pour assurer le maintient de la biodiversité et des écosystèmes, mais aussi un avantage compétitif pour l’industrie québécoise dans un marché qui évolue très rapidement dans ce sens.
Bien qu’il existe trois normes de certification forestière au Québec, (FSC, SFI, CSA) la SNAP et plusieurs autres groupes environnementaux favorisent celle développée par le Forest Stewardship Council (FSC). Entre autres, cette dernière est la seule à interdire explicitement l’utilisation des OGM sur le territoire forestier, ainsi que la conversion de forêts naturelles en plantations. Par ailleurs, elle intègre un principe de précaution en obligeant les gestionnaires à identifier et préserver des superficies forestières dites de haute valeur pour la conservation (HVC). Une étude comparative effectuée par ÉEM/Markets Initiative évoquait d’ailleurs ces éléments pour conclure que la norme FSC est supérieure à celles du SFI et du CSA lorsqu’il s’agit d’assurer la durabilité d’une forêt.
La certification FSC
FSC a été fondé en 1993 suite à trois ans de consultation internationale auprès d’organismes environnementaux (incluant la SNAP), de représentants des populations autochtones, de l'industrie forestière, de professionnels en sylviculture et d’organismes de certification de produits forestiers de 25 pays. Au Québec, il a fallu attendre jusqu’en 2005 pour qu’une première forêt publique obtienne la certification FSC. Depuis ce jour, la popularité de la norme augmente très rapidement auprès des consommateurs (et donc de l’industrie), menant à ce que 4,475,644 hectares de forêts québécoises soient certifiés FSC (en date de mai 2007).
L’octroi d’une certification FSC sur un territoire forestier repose sur le respect de 10 principes directeurs, allant de la protection de la biodiversité au respect des communautés autochtones et des travailleurs forestiers. Ces principes sont par la suite adaptés aux réalités régionales, de sorte que le Québec compte effectivement deux normes FSC pour la gestion forestière: la norme boréale et celle de St-Laurent/Grands lacs.
Il existe deux types de certification FSC, soit la certification de l’aménagement forestier et la certification de la chaîne de traçabilité.
La première est attribuée pour la bonne gestion d’une région forestière (et non aux gestionnaires eux-mêmes, puisque ces derniers peuvent aussi s’approvisionner sur des terres non-certifiées). Quant à elle, la certification de la chaîne de traçabilité s’adresse aux intermédiaires, c’est-à-dire ceux qui traitent, transforment, ou distribuent les produits d’origine forestière. En bout de ligne, les produits certifiés portent le logo FSC, permettant aux consommateurs d’identifier rapidement les « bons » articles. Ainsi, les lecteurs du plus récent volume des aventures de Harry Potter (imprimé sur du papier certifié FSC) pouvaient avoir la certitude que toutes les étapes successives ayant mené au produit final étaient conformes aux normes.
En faisant la promotion d'une meilleure foresterie, la SNAP et ses aprtenaires tentent de convaincre le gouvernement québécois d’adopter des normes favorisant la certification FSC. Alors que l’industrie forestière subit actuellement une crise majeure, il nous paraît d’autant plus important de s’assurer que les produits forestiers puissent déboucher sur le plus grand nombre de marchés possible.
Le gouvernement doit donc reconnaître que les produits FSC ne représentent plus un marché « niche » limité, mais bien que ce marché prend de l’expansion de manière fulgurante. (Notons que le gouvernement lui-même aligne ses nouveaux projets de construction sur la norme de « bâtiments verts » LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), qui octroie un crédit pour l’utilisation de bois certifié FSC !).
Dans un tel contexte, le rôle du gouvernement est de s’assurer que ses politiques forestières soient compatibles avec les principes de la certification FSC – notamment que l’aménagement écosystémique se retrouve au centre de la gestion forestière québécoise. Cependant, le Ministère des ressources naturelles et de la faune (MRNF) du Québec propose actuellement d’attribuer une proportion importante du territoire à des pratiques de sylviculture intensive – stratégie qui pourrait augmenter les volumes de récolte, certes, mais qui risquent aussi de fermer des portes sur la possibilité que ces territoires puissent un jour jouir de la certification FSC.
