Lien climatique
Les effets collatéraux des coupes forestières sur le climat : les émissions secondaires
L’exploitation forestière fait partie d’un cycle d’utilisation des ressources naturelles qui implique, à chacune de ses étapes, une utilisation massive d’énergie et une libération subséquente de GES vers l’atmosphère. Les principales causes d’émissions secondaires :
- Construction de chemins forestiers — Au Québec, plus de 5 000 km de nouveaux chemins forestiers sont construits chaque année. Ce chiffre équivaut à la construction annuelle d’une route qui traverserait le Canada de Québec à Vancouver en Colombie-Britannique ! Ces nouvelles routes impliquent le transport de grandes quantités de gravier, la déforestation des tracés et l’entretien de ce réseau gigantesque. Il existe au Québec trois fois plus de chemins forestiers primaires que de routes — 90 000 km contre 30 000 km. Si on fait la somme de toutes les voies aménagées qui parcourent nos forêts, incluant les routes secondaires et tertiaires, c’est plus de 250 000 km de chemins forestiers qui sillonnent nos forêts !
- Coupe et préparation à la coupe — L’exploitation forestière implique l’utilisation de nombreuses machines et camions, dont la source d’énergie est le pétrole. Avec plus de 300 000 hectares de forêt coupée chaque année, la quantité d’énergie utilisée et de GES produits est considérable !
- Transport du bois vers l’usine — La distance entre l’arbre et l’usine est de plus en plus grande, car la coupe se fait toujours plus au nord. Dans certains secteurs, la compagnie doit parfois franchir plus de 300 km pour récupérer le bois dans la forêt. La quantité de GES libérée par ces déplacements est énorme. Selon une étude du Heinz Center pour le compte de Home Depot, plus de 94 % des émissions de GES provenant de la chaîne de production des matériaux de construction — de la forêt au consommateur, provient du transport avant l’usinage et de la distribution des produits transformés. Ainsi, pour chaque tonne de matériaux de construction livrée chez le détaillant, plus de 0,8 tonne de GES aurait été libérée lors du transport et de la distribution du produit !
- Usinage et transformation — Les processus industriels de transformation des billes de bois en matériaux de construction, et des copeaux en pâtes et papier impliquent aussi une utilisation massive d’énergie. Selon une étude du Heinz Center faite pour le compte de Times magazine, 77 % des émissions de GES provenant de la chaîne de production du magazine — de la forêt au consommateur, provient des usines de pâte et papiers. Ainsi, pour chaque tonne de magazines produite, 1,28 tonne de carbone serait libérée sous forme d’émissions secondaires !
- Produits chimiques et emballage — L’utilisation du chlore, de teintures, de vernis, d’encres, de plastiques et d’emballage implique encore une fois une consommation d’énergie et une libération de GES dans l’atmosphère. Plus le produit est transformé, plus la libération de GES est grande.
- Distribution des produits — Plus de 80 % du bois coupé au Québec est voué à l’exportation, principalement vers les États-Unis. Chaque kilomètre parcouru par nos arbres et leurs dérivés implique une utilisation d’hydrocarbures et une libération de GES. Il n’est plus rare de voir un arbre du Québec, exporté vers un autre pays, y revenir sous la forme de produits de consommation divers.
Ainsi, l’empreinte climatique de la coupe forestière ne se limite pas à la forêt. Même si les produits forestiers jouent le rôle de ‘tampons climatiques’, le temps où le carbone y demeure emprisonné, leur chaîne de production énergivore contribue à libérer des centaines de tonnes de GES.
