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Aménagement écosystémique

L’aménagement écosystémique

Le Québec introduira bientôt de grands changements dans la manière dont il gère et exploite sa ressource naturelle la plus prisée : la forêt. Si ces changements étaient tellement nécessaires, c’est parce que durant de nombreuses années, le Québec a surexploité ses forêts, au détriment des générations présentes et futures. Cette surexploitation fut mise en évidence par les conclusions de la Commission Coulombe (2004) sur l’avenir des forêts publiques du Québec : « […] la Commission est d’avis qu’on assiste à une surexploitation ligneuse des forêts du Québec […] directement associée au fait que les aménagements sylvicoles, pour une large part, ne sont pas faits de façon adéquate. » Ainsi, une recommandation majeure de la Commission voulait que : « l’aménagement écosystémique soit au coeur de la gestion des forêts publiques du Québec ».

Récemment, le gouvernement du Québec reprenait le concept d’aménagement écosystémique dans son Livre vert, pour proposer que le nouveau régime forestier fasse place à cette approche sur 70% de son territoire.

Qu’est-ce que l’aménagement écosystémique? Depuis son émergence, le concept n’a cessé d’évoluer, entraînant ainsi beaucoup de confusion quant à sa réelle signification tant dans le milieu scientifique que gouvernemental. Le vaste spectre de disciplines impliquées et la variété de définitions énoncées ont largement contribué à cette situation. De manière générale, l’aménagement écosystémique est considéré l’un des « ingrédients » nécessaires pour assurer un aménagement réellement durable des ressources (la mise en place d’un réseau d’aires protégées efficaces serait un autre ingrédient essentiel).

L’objectif de l’aménagement écosystémique est de maintenir l’intégrité des écosystèmes à long terme lors de l’exploitation des ressources naturelles – cela afin de satisfaire un ensemble de valeurs et de besoins humains. Pour y arriver, l’aménagement écosystémique se doit d’être « proche de la nature », par exemple en employant des types de coupes se calquant autant que possible sur les perturbations naturelles que subissent le milieu (feux, chablis, épidémies d’insectes, etc.). Évidemment, l’intégration de la connaissance scientifique concernant les relations écologiques du milieu s’avère essentielle – particulièrement en ce qui a trait à la variabilité naturelle des écosystèmes.

Si les objectifs actuels du gouvernement (70% de la forêt exploitée sous aménagement écosystémique) sont ambitieux, reste à voir comment le concept d’aménagement écosystémique sera interprété et appliqué. Force est de constater que l’expertise est encore fragmentaire dans plusieurs régions du Québec, et que rien n’assure que le gouvernement balisera réellement son aménagement sur les principes scientifiques existants.

Il est important de s'assurer que ce qui se passera dans nos forêts reflètera véritablement un aménagement qui puisse être le fondement d’un développement durable de nos ressources.