Dumoine
Protégeons un des derniers bassins versants intacts du sud du Québec

Si vous avez la chance un jour d’observer les images satellites du Québec montrant l’avancée des coupes forestières et de l’urbanisation, et par le fait même de constater ce qu’il reste de grands massifs forestiers intacts, vous serrez forcément épris d’un vertige désagréable. C’est que ces massifs intacts, que certains appellent « forêts anciennes » ou « forêts frontières » dû au fait qu’elles n’ont jamais été coupées, sont rarissimes au sud de la province. Les études du Global Forest Watch sur les derniers grands paysages forestiers du Canada font ressortir une image bien claire pour le Québec : seulement deux endroits au sud du 48ème parallèle sont tapissés de forêts intactes sur plus de 500 km², et un de ceux-ci jouit d’une certaine protection législative car il est représenté par les parcs des Grands-Jardins et de la Jacques-Cartier. Le dernier grand massif se trouve à la confluence de l’Outaouais et du Témiscamingue, une région drainée par plusieurs rivières magnifiques (Noire, Coulonge, etc.) mais où une seule est encore libre de tout projet hydroélectrique: la rivière Dumoine.
Ainsi la Dumoine, qui tire sa source en pleine forêt boréale et qui traverse la forêt feuillue pour se jeter dans la rivière des Outaouais, draine un des derniers bassins versants intacts du sud du Québec. D’une beauté légendaire, bordée de paysages à couper le souffle, la Dumoine est reconnue pour la qualité de ses eaux vives pour le canot-kayak et est déjà une destination de choix pour des centaines d’amateurs de plein air. Or ce joyau du sud du Québec, dont l’ensemble du bassin est alloué aux compagnies forestières, ne jouit actuellement d’aucune protection.
C’est dans ce contexte que la SNAP-Québec et la SNAP-Vallée de l’Outaouais travaillent en étroite collaboration afin que l’ensemble du bassin versant de la Dumoine soit doté d’une protection permanente.
Au printemps dernier, la SNAP, en collaboration avec les groupes de conservation nationaux et régionaux, lançait un appel à l’action pour la protection du dernier bassin versant intact dans le sud ouest du Québec — plus de 4 400 km² de nature sauvage. Au mois d’avril, plus de 3 000 cartes postales et des milliers de lettres électroniques ont été envoyées au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Grâce à vos appuis, le gouvernement du Québec en est maintenant aux dernières étapes des négociations pour la protection de la Dumoine.
Depuis la mi-juillet 2006, une zone a été identifiée comme territoire d’intérêt et mise en réserve contre les activités minières pour une période de 18 mois. Cet automne, les négociations avec les compagnies forestières ont eu lieu. Bien entendu, à chaque étape des pourparlers, la délimitation de l’aire protégée se modifie aux profits des intérêts de chacun et non de l’intégrité écologique. Il est donc primordial de rappeler à Mme Beauchamp l’importance de développer une vision globale de conservation incluant une grande aire protégée couvrant la majorité du bassin versant et des pratiques forestières certifiées sur le restant du territoire.
Le bassin versant de la rivière Dumoine renferme la dernière grande rivière sans barrage dans le sud du Québec ainsi que des vieilles forêts intactes. La protection du bassin versant est une priorité et il faut le rappeler au gouvernement québécois. Ensemble, on peut faire une différence.
Passez à l’action ! Envoyez une lettre au ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec. Dites-lui que vous appuyez la protection du bassin versant de la rivière Dumoine.
