Lien climatique
Protéger pour s’adapter : le rôle de la conservation face aux changements climatiques
Les perturbations du climat auront des conséquences parfois désastreuses sur les écosystèmes et les populations qui en dépendent. Ces perturbations sont déjà observées aux quatre coins de la planète, mais leurs impacts sur la biodiversité et les grands biomes du globe — chacun des grands milieux du globe terrestre, sont encore difficiles à percevoir. En forêt boréale, les prédictions ne sont pas réjouissantes. Les principaux modèles prédisent une augmentation des feux et des épidémies et d’importants stress pour l’écosystème.
Les scientifiques s’entendent pour dire que les écosystèmes vierges sont beaucoup mieux outillés pour faire face à une augmentation des perturbations naturelles que des écosystèmes traumatisés par l’exploitation industrielle. Ainsi, une forêt intacte aura plus de chances qu’une forêt coupée à blanc pour s’adapter aux changements du climat.
C’est pourquoi la meilleure stratégie d’adaptation aux changements climatiques est de protéger nos dernières forêts vierges et de permettre la migration des espèces entre elles par l’élaboration de corridors de migration. De cette façon, les processus écologiques sont maintenus, la biodiversité est protégée et l’écosystème garde sa résilience grâce à sa diversité de gènes, de structures d’âge, d’espèces et de paysages, malgré un climat en changement.
C’est exactement le contraire qui se produit lorsque la forêt est exploitée, que les routes sont construites et que l’écosystème est fragmenté. Le stress qu’occasionne la coupe, allié à la perte de biodiversité et à l’uniformisation de la forêt, rend celle-ci très vulnérable aux changements du climat, à l’arrivée de nouvelles maladies et des insectes ou à l’augmentation des perturbations naturelles.
C’est avec ces constats que plus de 1 500 scientifiques de par le monde ont demandé au gouvernement canadien, en mai 2007, de protéger 50 % de la forêt boréale. Conscient du rôle que joue cette forêt dans le cycle global du carbone, des impacts qu’ont les activités industrielles sur celui-ci et surtout de l’importance de la conservation pour maintenir le carbone en forêt et permettre à celle-ci de s’adapter aux changements climatiques déjà perceptibles, ce contingent de scientifiques lance un cri d’alarme qui doit être entendu par nos dirigeants.
