Le caribou forestier : emblème de la forêt boréale
Il existe dans la grande forêt boréale québécoise et canadienne une espèce quasi-mythique, un symbole fort de notre patrimoine naturel qui incarne la santé des écosystèmes boréaux. Surnommé le « fantôme gris », le caribou forestier (éco type du caribou des bois) dépend, pour sa survie, de grandes superficies de forêt intacte et ancienne où croît sa principale source de nourriture, le lichen. Dû à l’expansion des activités industrielles en forêt boréale, le caribou forestier est maintenant menacé sur l’ensemble du territoire canadien.
Dans le cadre de sa campagne Le caribou et vous, la SNAP œuvre à l’échelle nationale pour rétablir les populations de caribou des bois. Au Québec, nos efforts sont concentrés sur deux axes majeurs :
- Établir un réseau d’aires protégées efficace qui comprenne l’habitat critique du caribou.
Les particularités du cycle de vie et de l’écologie du caribou font en sorte que son rétablissement doit nécessairement inclure la protection de certains territoires. D’abord, le caribou est un animal « timide » qui ne s’approche généralement pas des endroits où l’activité humaine se fait ressentir, même à des niveaux relativement peu élevés.
Par exemple, la présence de 2 chalets sur une superficie de 10 km2 pourrait être considérée par le caribou comme un endroit à éviter. Difficile donc de s’imaginer que l’exploitation forestière à la grandeur du territoire puisse être compatible avec la survie à long terme du caribou – d’où l’importance d’exclure toute activité industrielle de certains territoires, qui pourraient alors servir de refuge.
Ces territoires devront aussi être de grande superficie (plus de 5000 km2), afin d’accommoder la grande mobilité de l’animal et d’assurer le maintient de massifs intacts même lors de perturbations naturelles. Au Québec, quelques territoires de ce genre ont déjà été identifiés comme candidats pour le statut d’aire protégé, notamment dans une étude récente de Nature Québec.
Cependant, il faut convaincre le gouvernement québécois d’agir dès maintenant, puisque l’expansion de l’activité industrielle est une menace imminente qui risque d’émietter ce qui reste des refuges possibles pour le caribou.
- Pousser les gouvernements à rendre public le plan de rétablissement du caribou.
La Loi sur les espèces en péril du Canada, ainsi que la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec stipulent qu’un plan de rétablissement doit être publié pour les espèces qui y sont inscrites. Ce plan vient s’appuyer sur l’identification « officielle » de l’habitat critique de l’espèce, qui doit donc également être publiée (signez la pétition).
Le Canada avait l’obligation légale de publier un programme de rétablissement du caribou des bois avant le 5 juin 2007. Puisque ces premières étapes légales ne sont pas encore disponible, la SNAP œuvre pour que le gouvernement agisse le plus rapidement possible dans cette direction. En effet, que l'identification des habitats critiques n'est pas disponible pour l'ensemble du pays, les provinces retardent la publication de leur plan de rétablissement et donc de protéger une espèce menacée indicatrice de la bonne santé de notre écosystème boréale.
Sans un plan de rétablissement, il sera très difficile de s’assurer que la gestion des ressources et du territoire soit effectivement compatible avec la survie du caribou. Au Québec, le plan de rétablissement du caribou forestier dort sur les tablettes depuis bientôt 2 ans. Il est temps d'agir. Participez avec nous !

