Mont Orford

Yves Tremblay

Privatisation d'une partie du parc national du Mont-Orford (Québec)

En juin 2007, la SNAP et ses partenaires au sein de la Coalition SOS Parc Orford ont remporté une victoire importante dans la défense du parc du Mont-Orford, quand le gouvernement du Québec a abandonné son plan de vendre le coeur même du parc.

Or, les terrains visés pour la vente demeurent exclus du parc et toujours vulnérables à plusieurs formes de développement. La SNAP maintient donc la pression pour que le gouvernement procède à la réintégration de ces terres patrimoniales.

Le site

Créé il y a 70 ans, le parc national du Mont-Orford est un des plus anciens au Québec. Vingt-sept municipalités de la région s'étaient alors regroupées pour financer l’achat des terres et les céder au gouvernement du Québec, à la condition expresse qu'il les protège à perpétuité sous forme de parc.

D'une superficie atteignant 58 km², il protégeait un échantillon exceptionnel de la forêt feuillue du sud du Québec. Le massif du mont Orford en constituait le cœur, se dressant à 853 m d'altitude et contrastant fortement avec le paysage vallonné environnant.

Durant les années 40, un centre de ski ainsi qu'un terrain de golf furent créés à l'intérieur des limites du parc. Depuis, ces terrains sont sous bail et loués à l'entreprise privée.

En mars 2006, le gouvernement du Québec a annoncé sa décision de vendre l'ensemble des 650 hectares sous bail, incluant une grande partie du Mont-Orford lui-même. Or, la Loi sur les parcs assure la protection permanente des parcs nationaux et elle interdit spécifiquement la vente de terrains. Qu'à cela ne tienne, le gouvernement a contourné cet obstacle avec une loi spéciale lui permettant de soustraire ces terrains du parc et, de procéder à leur vente. Le parc a alors perdu la raison qui a justifié sa création...

La réaction de la SNAP

Aux yeux de la SNAP et ses partenaires, cette façon de faire créait un dangereux précèdent qui mettait en jeu l'intégrité de l'ensemble du parc, voire celle de l'ensemble des 22 parcs nationaux du réseau québécois. Elle risquait, en plus, de miner la confiance de tous ceux qui avaient fait ou pensaient faire des dons écologiques. La Coalition SOS Parc Orford est donc née pour la contester.

Après une lutte acharnée de plus d’un an, le gouvernement a renoncé à son projet, adoptant une nouvelle loi interdisant – de nouveau! - la vente des terrains exclus. Mais il ne les a pas encore restaurés au parc. Il a plutôt mandaté un comité régional de lui recommander, d’ici 2009, quoi en faire.