La conservation et l’aménagement écosystémique : nécessaires à une réelle «révolution» du secteur forestier
Montréal, 15 juin 2009 – La SNAP Québec déplore que le ministre des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), Claude Béchard, dans son projet de loi sur la forêt déposé vendredi à l’Assemblée nationale, ait balayé du revers de la main deux incontournables au développement durable de notre forêt, soit la conservation et l’aménagement écosystémique. Alors que Québec se targue de vouloir augmenter la protection de son territoire, notamment en protégeant 50 % du territoire situé au nord du 49e parallèle, assistons-nous à un double discours venant de notre gouvernement ?
Notre forêt a une nouvelle vocation : usine à bois
Une orientation très inquiétante de la réforme est de permettre une sylviculture intensive sur 20 % du territoire forestier. Ce type d’intervention éloigne les forêts de leur état naturel et contribue à l’appauvrissement de la biodiversité. « Le gouvernement a l’intention d’identifier nos meilleurs territoires forestiers afin d’en faire des usines à bois, c’est-à-dire d’immenses forêts artificielles où seule la valeur économique du bois importera », déclare Hervé Jodoin, directeur général de la SNAP Québec. Ironiquement, cette politique risque sérieusement de mettre en péril la certification des forêts québécoises selon les normes du Forest Stewardship Council (FSC), ce qui limitera les débouchés et l’avenir économique des produits forestiers québécois.
Que restera-t-il à conserver ?
Le projet de loi est peu cohérent avec les objectifs du gouvernement en matière de conservation, soit de protéger 12 % du Québec d’ici 2015 et 50 % du territoire situé au-delà du 49e parallèle. « Pour atteindre les objectifs, il faudra au moins doubler la superficie des aires protégées en forêt commerciale. Comment pourra-t-on arriver à de tels résultats si on ne procède pas dès maintenant à une identification des sites de haute valeur pour la conservation ? », déplore Patrick Nadeau, coordonnateur foresterie à la SNAP Québec.
« C’est de mauvais augure pour la santé de nos écosystèmes forestiers. On n’a qu’à penser à la fragmentation incessante de l’habitat du caribou forestier, espèce en déclin dont le MRNF a le mandat de protéger, pour voir que cette loi sera un nouvel échec sur le plan du développement durable », ajoute Patrick Nadeau.
Des rencontres de consultation auront lieu au cours de l'automne avant l’adoption du projet de loi. La SNAP Québec espère bien faire entendre au ministre Béchard que la conservation et l’aménagement écosystémique de notre forêt boréale ne sont pas des freins au développement économique, mais bien des outils nécessaires pour protéger l’une des nos plus grandes richesses collectives, notre patrimoine naturel.
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Pour information :
Sophie Paradis
Coordonnatrice aux communications
SNAP Québec
514 278-7627 poste 221
Cell. : 514 603-7627
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