Plan d’action sur la biomasse forestière : terrain glissant pour l’avenir de nos forêts
Montréal, mardi 17 février – La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Québec) demande à Québec de prendre de plus grandes précautions dans son plan d’action sur l’utilisation de la biomasse forestière afin de ne pas hypothéquer la productivité des forêts et d’accentuer la pression sur les écosystèmes déjà essoufflés par l’exploitation forestière. L’envol de cette filière énergétique ne se fera que si des balises strictes de récolte évitent tout risque d’atteinte à la biodiversité, à la fertilité des sols et à leurs niveaux d’acidité.
Des pratiques potentiellement désastreuses pour nos forêts
La récolte de biomasse forestière représente un changement majeur dans les pratiques d’aménagement forestier au Québec. La biomasse forestière agit comme engrais et comme base essentielle à la régénération de nos forêts lorsqu’elles subissent des perturbations humaines ou naturelles. Elle est aussi essentielle pour le maintient de la biodiversité, en fournissant un habitat pour plusieurs espèces qui en dépendent. Or le plan d’action dévoilé hier par le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, prévoit l’extraction de 1.5 million de tonnes de biomasse annuellement à l’échelle de la province. Sur les parterres de coupe, de 50% à 70% de la biomasse forestière serait retirée. Sans balises plus strictes, ce prélèvement pourrait endommager plusieurs mécanismes cruciaux à la remise en productivité de la forêt. «Nombre de nos écosystèmes forestiers subissent déjà de fortes pressions, y compris dans les régions ciblées par le plan de récolte de biomasse. Il ne faudrait pas que cette récolte soit la goutte qui fasse déborder le vase», précise Patrick Nadeau, responsable du dossier foresterie à la SNAP Québec.
Des balises strictes pour un développement responsable
Le Québec est devant une nouvelle filière qui présente d’intéressants potentiels, tant sur le plan économique que sur des possibilités réelles de réduction de GES. Or, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune ne peut continuer de faire miroiter ces retombées sans reconnaître les lacunes de son programme sur le plan environnemental. Il se doit, notamment, d’établir des seuils de récolte de biomasse déterminés selon les connaissances scientifiques et adaptés aux particularités régionales, de définir clairement des zones où l’extraction de la biomasse sera interdite, d’effectuer une analyse complète du bilan d’émission de GES associé à cette filière, incluant transport, transformation, combustion et impacts sur le carbone des sols et d’évaluer les impacts cumulatifs sur la qualité de l’air ( ex : particules fines).
Un plan d’action à l’encontre de la réforme forestière
Le momentum est intéressant. « À l’heure où le ministre Béchard prépare un projet de loi majeur devant réformer le régime forestier québécois, nous souhaitons rappeler à ce dernier que le nouveau régime forestier devra être axé sur l’aménagement écosystémique – un principe qui encourage une plus grande quantité de biomasse laissée au sol, exactement à l’encontre du plan d’action qui vient d’être dévoilé », conclut M. Nadeau.
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Pour information :
Sophie Paradis
Coordonnatrice aux communications
SNAP Québec
514 278-7627 poste 221
www.snapqc.org
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