Parc éolien du Gros-Morne : attention à la réserve écologique

Montréal, le 13 février 2009 – La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Québec) réserve un accueil mitigé aux recommandations contenues dans le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l'environnement (BAPE) concernant le projet de parc éolien de Gros-Morne. Le rapport rendu public lundi par la ministre Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), ménage la chèvre et le chou.

Bon coups, mauvais coups du BAPE

Le rapport relève les impacts potentiels de certaines des futures éoliennes sur la réserve écologique de Manche d’Épée, mais aucune mesure adéquate pour y remédier n’est proposée. En effet, cette proximité comprend des risques énormes pour l’intégrité de la réserve et le BAPE constate que le promoteur ne s’est gardé aucune marge de manœuvre qui lui aurait permis de déplacer suffisamment les éoliennes problématiques. Le BAPE lui recommande plutôt une série de mesures destinées à réduire les risques potentiels et il propose que le promoteur assume l’entière responsabilité de réparer les dommages écologiques en cas d’accident, une proposition peu compatible avec le principe de précaution.

La SNAP Québec trouve curieux que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune recommande une distance minimale de 1 000 mètres entre les chalets sur terres publiques et les réserves écologiques alors que l’on s’apprête à implanter des structures autrement plus problématiques à quelques dizaines de mètres de distance seulement. « La filière éolienne est un choix énergétique responsable et sensé dans le contexte de changements climatiques. Ce développement ne doit toutefois pas se faire au détriment de la diversité biologique et les menaces pesant sur la réserve écologique de Manche-d’Épée nous semblent franchement inquiétantes », affirme Marie-Ève Marchand, directrice générale de la SNAP.

Il n’existe présentement aucune norme permettant d’encadrer l’implantation d’éoliennes à faible distance d’aires protégées. Le BAPE recommande donc au ministère du Développement durable et au ministère des Ressources naturelles et de la Faune de procéder à une réflexion sur les bandes de protection requises autour des aires protégées, particulièrement les réserves écologiques. Selon la SNAP, l’élaboration de telles mesures est une excellente nouvelle qui permettra un développement plus harmonieux de la filière éolienne.

Rappelons que le parc éolien de Gros-Morne entoure presque totalement la petite réserve écologique de Manche-d’Épée dont la mission est de protéger intégralement une érablière sucrière à bouleau jaune, un écosystème très rare à cette latitude. Treize des éoliennes seront implantées dans le bassin versant immédiat de la réserve écologique, une vallée intouchée dont les flancs sont particulièrement escarpés. La SNAP estime que l’implantation d’éoliennes à une si faible distance de la réserve écologique en menace l’intégrité et elle préconise de les en éloigner d’une distance minimale d’un kilomètre.

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Pour information :
Sophie Paradis
Coordonnatrice des communications
SNAP Québec
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