Parc du Mont-Orford : le flanc ouest de la montagne dans la mire des promoteurs

Montréal, 16 février 2009 - La Société pour la nature et les parcs du Canada section Québec (SNAP Québec) demande aujourd’hui dans une lettre à Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, qu’elle rejette la recommandation du Comité de parrainage de la MRC de Memphrémagog d’ouvrir le coté ouest du Mont-Orford au développement.

« Quand le gouvernement a extrait du parc du Mont-Orford le côté est de la montagne, il concluait que ses installations, là depuis des décennies, n’avaient plus de place dans un parc national. Ce serait inconcevable d’en endosser maintenant la construction d’autres - surtout dans un secteur du parc resté jusqu’ici intouché! », souligne Marie-Ève Marchand, directrice générale de la SNAP Québec.

Mis sur pied à la demande de Mme Beauchamp, le comité devait lui proposer une solution pour la gestion des terres publiques, du centre de ski et du golf du Mont-Orford, exclus du parc dans la controverse en 2006. Son rapport final, soumis à la ministre le 22 janvier et dont la SNAP a obtenu copie, fait le constat que l’avenir de la station dépend d’abord de l’investissement, d’ici cinq ans, de plus de 23M$. Il propose que le gouvernement en fournisse la quasi-totalité, dont neuf millions iraient à la MRC sous forme de prêt sans intérêt, remboursable…à partir de 2024.

On y lit qu’afin de le rembourser, « les projets de développement immobiliers situés du côté ouest et sud de la montagne obtiennent un appui favorable du comité de parrainage et du conseil de la MRC. » Le comité poursuit en précisant que « la réalisation des deux projets immobiliers avec chaise de liaison est intrinsèque au succès de cette formule. » Et « comme l’aménagement d’une liaison implique nécessairement la traversée du territoire du Parc, la concession d’un tel « droit de passage » par le gouvernement constitue la base d’une entente avec les promoteurs. »

Bref, son plan nécessite l’ouverture du flanc ouest de la montagne - une partie du parc pourtant jamais disponible pour de tels développements lorsque la station en faisait partie! Cet élément clé représenterait en fait une nouvelle entorse, pour ne pas dire une violation, à la Loi sur les parcs. Car la loi est claire: « le ministre peut, dans un parc, autoriser ou effectuer tous travaux d'entretien, d'aménagement et d'immobilisation susceptibles de maintenir ou d'améliorer la qualité du parc » - mais pas simplement pour permettre de prendre des raccourcis à travers.

Pour la SNAP, le gouvernement est devant les conséquences prévisibles de sa décision de 2006. « Ce plan prouve que chaque concession ne fait qu’en entrainer d’autres. Et si Mme Beauchamp autorise la construction d’une téléchaise ou télécabine montant le côté ouest, elle ne pourra refuser l’ouverture d’une piste pour le redescendre; et après avoir permis le défrichage et le dynamitage que cela nécessiterait, comment les refusera-t-elle pour toutes les autres qui deviendront chacune, sans doute, « essentielles » à la survie de la station? » demande John O’Driscoll, président de la SNAP-Québec.

« Mme Beauchamp vient de lancer un programme visant à convaincre des Québécois de contribuer à la protection des sites naturels », poursuit-il. « Quel sens aura-t-il si elle approuve, en même temps, la dégradation constante du tout premier site protégé grâce à ce genre de contribution? Elle fait d’ailleurs face à une poursuite de la part de certains donateurs qui en sont désabusés, et bien d’autres questionnent sa crédibilité. C’est le temps d’y mettre fin. Elle peut le faire dès maintenant en affirmant d’abord son intention de maintenir l'intégrité de ce qui demeure du parc, puis ensuite en confirmant le retour de la partie sacrifiée en 2006. »
- 30 -

Pour information :

Sophie Paradis
Coordonnatrice des communications
SNAP Québec
514 278-7627 poste 221