Vision industrielle de la forêt québécoise : la coupe est pleine!

Québec, jeudi 30 octobre 2008 – La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Québec) réagit vivement aux révisions du régime forestier proposées ce matin par un groupe d’intervenants comprenant le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ). Ces propositions basées sur une vision à court terme risquent d’accentuer la crise de confiance actuelle et d’hypothéquer la santé et la productivité des forêts publiques tout en empêchant une réelle refonte du régime.

Vent de panique

Contrastant grandement aux avancées faites dans le cadre du Sommet sur l’avenir de la forêt québécoise et du Livre vert qui en découlait, ce groupe d’utilisateurs de la forêt alimente la panique face à la crise économique actuelle et prône des mesures qui vont à l’encontre de la construction d’une économie forestière durable. Selon la SNAP Québec, ces mesures visent essentiellement à maintenir l’emprise des industriels sur les forêts publiques québécoises, tout en réduisant à des niveaux sans précédent la contribution de ces derniers à la prospérité des Québécois, réels propriétaires des forêts de l’État. « Bien que nous soyons conscients des défis auxquels fait face le secteur forestier québécois, le maintient de l’industrie sur un respirateur artificiel sans une réforme en profondeur du régime ne fera que repousser aux générations futures la facture de la surexploitation de la ressource», commente Nicolas Mainville, directeur de la conservation à la SNAP Québec.

Le nez collé à l’arbre, l’industrie ne voit plus la forêt

L’industrie semble oublier qu’elle s’approvisionne dans des écosystèmes forestiers qui ont une multitude d’autres fonctions que de fournir de la fibre. En proposant uniquement des mesures pour faire face à une crise économique, elle ignore complètement la crise environnementale qui menace pourtant l’avenir à long terme du secteur. « Les adhérents à la proposition d’aujourd’hui se vantent de représenter un large consensus. Soyons clairs, cette position sera très loin de faire consensus auprès de la société québécoise, et ne recevra certainement pas l’aval des intervenants préoccupés par la pérennité des écosystèmes forestiers », soutient Patrick Nadeau, responsable du dossier foresterie à la SNAP Québec.

Une industrie prospère dépend de la santé de nos forêts

Le régime forestier du 21e siècle devra être centré sur un aménagement écosystémique des forêts, sur la certification des pratiques d’aménagement selon les normes les plus strictes, et sur un réseau d’aires protégées de qualité. En écartant toutes ses aspects fondamentaux, la vision de l’industrie n’en est pas une pour le futur. La SNAP Québec demande donc à la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Julie Boulet, de ne pas laisser l’industrie dicter à la société québécoise la direction que devra prendre son nouveau régime forestier.
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La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP )
Choisie par la Fondation Tides Canada comme l’une des 10 meilleures ONG au Canada en 2007, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) est un organisme à but non lucratif fondé en 1963 par des citoyens qui avaient à coeur la sauvegarde des espaces naturels.

Au Québec, la SNAP existe depuis 2002.

Pour information :
Sophie Paradis
Coordonnatrice aux communications
SNAP Québec
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